Les méthodes classiques ne s'appliquent plus
Quand une entreprise est déficitaire, les méthodes basées sur le résultat (PER, multiple d'EBE) donnent des valeurs négatives ou aberrantes. Il faut utiliser des méthodes alternatives adaptées à la situation.
Méthode 1 : l'ANC corrigé (valeur plancher)
L'Actif Net Comptable Corrigé reste pertinent. Il représente la valeur de liquidation des actifs nets : immobilier, matériel, stock, créances, trésorerie, diminués des dettes. C'est la valeur plancher en dessous de laquelle un acquéreur rationnel ne descendra pas (sauf si les dettes dépassent les actifs).
Méthode 2 : la valeur de redressement
Pour une entreprise temporairement déficitaire avec un potentiel de redressement, on valorise sur la base des résultats normalisés futurs après plan de redressement. L'acquéreur estime ce que l'entreprise vaudra une fois redressée, puis applique une décote de risque de 30 à 50%.
Méthode 3 : la valeur des actifs spécifiques
Certains actifs ont une valeur indépendante de la rentabilité :
- Brevets et marques : valorisés par les royalties potentielles
- Fichiers clients : valorisés par le coût d'acquisition d'un client × nombre de clients actifs
- Licences et autorisations : licence IV, agrément, certification
- Immobilier : valeur vénale indépendante de l'exploitation
La cession à 1 € symbolique
Si les dettes dépassent les actifs et qu'il n'y a pas de perspective de redressement, la valeur des parts peut être nulle ou négative. Le cédant peut devoir payer l'acquéreur pour reprendre les dettes (cession à 1 € symbolique avec reprise de passif). C'est courant dans les procédures collectives.
Conseil
En cas d'entreprise en difficulté, consultez un mandataire judiciaire avant d'engager une cession. Les procédures collectives (sauvegarde, redressement, liquidation) offrent des cadres juridiques protecteurs pour le cédant et l'acquéreur.